Tawahîn al-Sukkar (n.d.)

 

 

 

Localisation 

A 800m au nord-ouest de l’entrée du site archéologique de Tell al-Sultan.

 

 

 

Bibliographie

Brigitte-Porée (1995), p.423 ; Clermont-Ganneau (1896), II, p.37-39 ; Conder/Kitchener (1883), p.221 ; Jones (2016), p.39, n°39 ; Jones (2000), p.523-534 ; Jones (2012), p.67-102 ; Nigro (2011), p.156, n°92 ; Ouerfelli (2008) ; Pringle (1997), p.99-101, n°129a/b ; Taha (2004), p.73-78 ; Taha (2009), p.181-190 ; Taha (2011), p.297-300 ; Taha (2015) ; Tsugitaka (2014)

 

 

 

Historique

Le site de Tawahîn al-Sukkar (le moulin à sucre)[1] est situé à 800m au nord-ouest de l’actuelle entrée du tell al-Sultan, aux pieds des pentes du Jabâl Quruntul. Malgré son état actuel, il est relativement bien préservé et présente les principaux bâtiments utilisés pour la production de canne à sucre, activité économique intense sous les Croisées, les Ayyûbides puis les Mamluk.[2] Cette activité, qui nécessite beaucoup d’eau pour l’irrigation et pour actionner le moulin s’étendait de part et d’autre de la Vallée du Jourdain. On trouve aussi d’autres sites à proximité des cours d’eau de débit moindre.

Ce site a été visité et décrit par Clermont-Ganneau vers 1896, il a fait l’objet de fouilles en 2000 et 2001.

 

La production de canne à sucre comprend plusieurs étapes : la plantation de la canne, la récolte, le déchiquetage, le broyage, le pressage, la cuisson du jus et son transvasement, et enfin l’extraction du sucre cristalisé dans des récipients spécifiques.[3] La plupart des bâtiments nécessaire à ce processus sont présents sur ce site, disposé en terrasses : un aqueduc, une presse (ma’sara), un moulin (tawahîn), une cuisine/maqâm, un four et un entrepôt avec une cour donnant sur a route pour le déchargement de la canne à sucre (dâr al-qassab).

 

La partie raffinerie est disposée sur cinq terrasses et consiste en un grand bâtiment voûté (dâr al-qassab) avec une cour ouverte sur la route pour décharger la canne (ill.2, n°1, 2, ill.10, 18)[4], la canne y est déchiquetée. L’étape suivante consiste à laver cette canne découpée dans une salle spécifique (bayt al-nûb)[5], celle-ci est ensuite portée au moulin pour le broyage et le pressage. Le moulin du site (ill.2, n°4, ill.6, 8) est alimenté en eau par l’aqueduc supérieur (ill.2, n°7, ill.7, 17), cette eau provient des sources voisines de ‘Ain Nueima, ‘Ain Deyuk et ‘Ain al-Sultan,[6] elle entre par une ouverture du toit, alimente la roue du moulin (ill.2, n°5) puis est évacuée grâce au sol en pente et via l’aqueduc inférieur (ill.2, n°8, ill.8, 9) vers les champs environnants. Le jus obtenu est porté en cuisine (ill.2, n°3, ill.3, 10-17) et versé dans de larges récipients en cuivre (dust) pour être bouilli sur un four (ill.2, n°6) ; à noter, qu’à Jéricho, cette cuisine est accolée à un petit masjîd (ill.3). Une fois cuit, le jus épais est versé dans des pots côniques troués à leur base (ublûj) qui sont posés sur des jarres à mélasse (qûdûs) où ce jus sera filtré jusqu’à la perte totale de son humidité et sa cristalisation (ill.21-24), ce procédé se déroule dans un espace de stockage spécifique (bayt al-saab).

 

Les objets retrouvés lors des fouilles font état d’une occupation par les Croisés, les Ayyûbides et les Mamluk. Ces fouilles ont aussi révélés que Jéricho était, avec la région du Ghors al-Safî en Jordanie, un des principaux centre de production de sucre durant cette période.

 

 

 

Epigraphie

Pas d’inscription.

 

 

 

Illustrations

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1/ plan du site en 1997

2/ plan du site en 2015

3/ plan de la cuisine/maqâm

4/ plan du moulin en 1997 et 2015

5/ vue générale du site depuis la route à l’est

6/ vue du moulin et de l’aqueduc supérieur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7/ vue de la cuisine/maqâm

8/ l’aqueduc inférieur avec le moulin

9/ l’aqueduc inférieur depuis l’est

10/ la cuisine/maqâm depuis le sud

11/ la cuisine/maqâm depuis le sud-est

12/ la cuisine/maqâm depuis le sud-est avec le pan de mur de la 2e salle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13/ la salle vers le nord

14/ l’accès vers l’ouest en direction de la cour

15/ cour de la cuisine avec le secteur fouillé

16/ la cuisine depuis l’est

17/ la façade nord de la cuisine

18/ l’entrepôt de déchargement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19/ vue du site depuis l’est

20/ le site depuis le bâtiment de stockage

 21/ exemples de jarres inférieures (qâdûs) utilisées dans la production de sucre (Musée de la Citadelle de ‘Amman)

22/ un ensemble complet de céramiques (qâdûs et ublûj) utilisé dans la production de sucre (Musée de la Citadelle de ‘Ajlûn)

23/ un exemple de moule/cône supérieur (ublûj) utilisé lors du filtrage du sucre (Musée de la Citadelle de ‘Ajlûn)

24/ reconstitution d’un pot cônique à sucre (ublûj) et d’une jarre à melasse (qudûs)

 

 

 

Documents anciens

Clermont-Ganneau (1896), II, p.37-39. Visite entre novembre 1873 et novembre 1874.

Next day we went to inspect again the Tawihin es-Sukkar, and particularly an aqueduct, where I noticed on the previous occasion that some of the materials had an ancient appearance. I made my people turn over all the blocks that were scattered about, and complete the demolition of a few portions of this ruined aqueduct. This brought to light some sculptured fragments, evidently belonging to important monuments of the Greco-Roman period. I am convinced that if all these ruined aqueducts that traverse the plain of Jericho were to be demolished, a quantity of antique fragments would be found to have been used in building them, some among them of great value, and perhaps bearing inscriptions. The sacrifice would not be great,and the archaeological interest would atone for the comparative vandalism of the proceeding. A perfect mine of antiquities is there waiting to be worked,and I commend it to the attention of future explorers.

 

 

 

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[1] Plusieurs sites portent le même nom dans le Ghors al-Safî, une région au sud de la Mer Morte, côté Jordanie.

[2] Cf. Ouerfelli (2008).

[3] Sur le processus de production, cf. Jones (2016) ; Ouerfelli (2008), p.229-313 ; Taha (2015), p.51-77.

[4] Nomenclature d’après le plan de Taha (2015) et ill.2.

[5] Les bâtiments nécessaire à cette étape n’ont pas été retrouvés sur ce site.

[6] Sur les sources de Jéricho, cf. Porath (2002).