Madrasa Murshidîya (650/1253)
Localisation
Quartier d’al-Salihîye, côté sud de la rue principale (H10.6).
Visite en 2003, 2006, 2008.
Bibliographie
Korn (2004), n°233 ; Meinecke (1983), n°73 ; Moaz (1991), p.354-358 ; Sauvaire (1894c), p.304 ; Sauvaget (1932a), n°102 ; Wulzinger/Watzinger (1924), DNVc
Inscriptions
Herzfeld (1946), n°49 ; RCEA 4350
Historique
‘Ismat al-Dîn Khadija Khâtûn, la fille du sultan ayyûbide al-Mu’azzam ‘Isa (r.615/1218-624/1227), qui avait été fiancée au Khwarazmshâh[1], a fait don d’une madrasa hanafite dans la partie ouest d’al-Salihîye, entre le dâr al-hadîth al-Ashrafîya (634/1236) et la zawîya Farnathîya (621/1224). Elle est décédée en 650/1252 et est inhumée dans la salle funéraire de sa madrasa.
Les sources indiquent comme date de fondation 654/1256, et peut-être aussi comme date d’achèvement du bâtiment ; l’inscription de waqf sur le linteau du portail (ill.7), qui donne le nom de la fondatrice et des propriétés de la fondation, est datée 650/1253 soit quelques mois après la mort de Khadija Khâtûn.
Le portail, la salle de prière, le minaret et le mausolée sont alignés par une façade sur rue simple (ill.1). Un portail à arc brisé (ill.6), des ouvertures simples et une corniche structurent la façade qui est surmontée par un mince minaret carré et un tombeau typiquement damascène (ill.3).
Les pièces sont orientées par rapport à la façade afin de maintenir la bonne direction pour la qibla. Au sud, il y a une cour appartenant à la madrasa.
Epigraphie
650/1253. Acte de fondation 4 lignes dans
un cadre sur le linteau du portail (ill.7).[2]
« xxx Voici ce qui a été constitué
waqf par la dame illustre ‘Ismât al-Dîn
Khadija Khâtûn, fille du sultan al-Malik al-Mu’azzam Sharaf al-Dîn ‘Isa, fils du sultan al-Malik al-‘Adîl Saif al-Dîn Abû Bakr, fils
d’Aiyub, soit : - une parcelle du bain al-Kulaib,
cinq parts, deux tirs, un cinquième et un septième de part ; - du moulin
al-Tarab, un cinquième ; - une maison au mont al-Salihîye ; - une
parcelle dans le village de Takiy al-Dîn,
sept parts, un quart, un huitième et un tiers de sixième de part ; - une parcelle
dans le village d’al-Taza, deux tiers et un tiers de septième de part ; -
une parcelle au khân ‘Atika, huit parts et demie : - une parcelle à Jubbat ‘Assal, de Ksar Ma’lula, trois parts ; - d’al-Jubba, une part et demie ; - d’al-Karbanîya,
sept parts ; - le verger al-Mardanîya en entier.
Cela (a eu lieu) dans le mois de dhu (?) de l’année
650 (janvier-février 1253). Que Dieu ait pitié de celle qui a constitué waqf ce
lieu ! ».
Illustrations
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1/ plan de la madrasa |
2/ vue depuis l’est |
3/ vue du tombeau et du minaret |
4/ vue du minaret |
5/ la façade du tombeau |
6/ le portail d’accès |
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7/ l’inscription de fondation datée 650/1253 |
8/ la façade de la salle de prière |
9/ l’ouverture droite de la salle de prière |
10/ les ouvertures du tombeau |
Documents anciens
[1] Originaire du Khwarazm, une région située sur le bas Oxus/Amû Daria/Jayhûn. En 1077, le sultan Seljukîde Mâlikshâh nomme Anushtigin (r.1077-1097) comme gouverneur local, ses successeurs prennent vite leur indépendance vis-à-vis des Seljukîdes et en 1194 ils déposent le dernier sultan Seljukîde et s’emparent de la Perse. Ils atteignent leur apogée vers 1215 mais en 1220 suite au pillage d’une caravane par un gouverneur local, les Mongoles de Genghis Khân déferlent sur l’Asie Centrale, les Khwarazshâh sont finalement vaincus en 1230 par une coalition Ayyûbides/Seljukîdes de Rûm. Le dernier Khwarazmshâh Jâlal al-Dîn (r.1220-1231) est assassiné en 1231. Une partie de l’armée se range aux côtés des Ayyûbides, ceux-ci formeront les premiers recrutements extérieurs des armées Ayyûbides puis Mamluk (wafidîya). Sur la wafidîya, cf. Ayalon (1951), p.89-104 ; Nakamashi (2006), p.55-81.
[2] Texte d’après RCEA 4350.